Dernier édito (Octobre 2026)
Exclure d’abord, accuser ensuite
Vie et mort de l’UD FO 29, l’essentiel en trois minutes
Trente ans pour construire, huit ans pour démolir. En juillet 2026, le tribunal de Brest a prononcé la liquidation judiciaire de l’Union départementale FO du Finistère. Dans le n° 245 de L’Anarcho-Syndicaliste, des militants de l’UAS et Marc Hébert retracent, documents à l’appui, comment on en est arrivé là.
Une UD partie de rien
Au début des années 1980, des militants anarcho-syndicalistes relèvent l’Union locale de Brest, puis deviennent majoritaires à l’UD au congrès de Poullan-sur-Mer, en 1991. Ils partent d’une secrétaire et demie et d’une trésorerie à sec. L’UD du Finistère devient la première de Bretagne en adhérents et l’une des quatre premières de France en nombre de salariés. Elle dérange aussi : le 19 décembre 2017, Jean-Claude Mailly lance contre Marc Hébert et son équipe un anathème sans précédent dans l’histoire de FO : « Ils ne méritent pas le qualificatif de camarades ».
2018-2019 : l’offensive
Marc Hébert quitte le secrétariat général en juin 2017. Selon le récit de l’UAS, la confédération exige un an plus tard de la nouvelle direction qu’elle réduise le service juridique et écarte l’équipe sortante. Le vendredi 21 septembre 2018, la consigne est appliquée. Les mois suivants, les salariés de l’UD décrivent leur souffrance au travail, puis font grève en avril 2019. Leurs courriers visent la nouvelle direction, pas Marc Hébert.
Le 11 avril 2019, la commission exécutive révoque le bureau. Le protocole de fin de conflit signé par les salariés ne contient pas un mot sur un quelconque harcèlement. Un procès-verbal de la CE rapporte en revanche la consigne venue d’en haut : « si Marc Hébert est toujours au bureau on bloquera », la subvention s’entend.
2020 : exclure d’abord
En février 2020, un secrétaire par intérim, homme de la confédération, prend la tête de l’UD. Les dates, tirées des documents cités par l’UAS, parlent seules :
- 24 février : éviction provisoire de Marc Hébert pour « problèmes structurels et d’organisation ». Aucun harcèlement n’est invoqué.
- 16 juin : il est refoulé de la commission exécutive. Yves Veyrier, secrétaire général de FO, adresse à l’UD un mail de félicitations pour avoir exclu les syndicalistes « tendance UAS ».
- 7 août : les retraités qui tenaient des permanences depuis trente ans sont mis dehors, police à l’appui.
- 11 septembre : exclusion définitive.
Accuser ensuite
Ce n’est qu’après, le 1er octobre 2020, que l’avocat de l’UD signale au commissariat des faits de harcèlement. Les plaintes sont déposées le 16 octobre et versées au dossier la veille de l’audience en référé. Devant les prud’hommes, l’avocate des plaignantes conclura elle-même : « elles ont fini par céder ». Pour l’UAS, ces témoignages ont été suscités, et l’accusation a servi de prétexte à une exclusion politique. Les salariées, elles, finiront toutes licenciées, en rupture conventionnelle ou en arrêt maladie.
Juillet 2026 : la liquidation
Le tribunal liquide l’UD FO 29 et charge le mandataire de vérifier « une éventuelle organisation frauduleuse d’insolvabilité ». Frédéric Souillot en rejette la faute sur Marc Hébert. L’UAS y voit l’aboutissement d’une chasse aux opposants menée contre un courant fidèle à la Charte d’Amiens : une UD qui exclut ses militants au lieu de défendre les salariés a perdu sa raison d’être.
L’UAS demande le retour de la démocratie syndicale, la fin de l’instrumentalisation de la justice, et que justice soit enfin rendue.
Lire l’article complet « Vie et mort de l’UD 29 » dans le n° 245
Des membres de l’UAS
Octobre 2026

